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Même si en Belgique le vote est obligatoire, aller voter reste un acte citoyen. Nous sommes trop habitués à vivre dans un pays démocratique pour en apprécier le privilège. En 1994, en Afrique du Sud, lorsque les Noirs ont obtenu le droit de vote, certains ont pleuré de joie en glissant leur bulletin dans l'urne. Il est de l'Europe comme de la politique : si on ne s'occupe pas d'elle, elle s'occupe de vous. L'Europe est une réalité en marche qui détermine et conditionne notre avenir. Les jeunes étudiants le savent bien : grâce à Erasmus, ils peuvent aller étudier dans toutes les universités européennes. Le décret Bologne a facilité les échanges vu l'octroi de bourses et à l'équivalence progressive des diplômes et des programmes. Là au moins, le rôle de l'Europe est visible, ce qui n'est pas le cas dans tous les domaines. Certes, tous sont d'accord pour reconnaître le rôle majeur joué par l'Europe pour maintenir la paix et faire mentir Jacques Brel qui disait que tous les 25 ans les Allemands descendaient sur Paris. L’Europe a aussi consolidé la démocratie dans beaucoup de pays : en Allemagne et en Italie après la guerre, en Espagne, en Grèce, au Portugal et maintenant dans les pays anciennement communistes. Des faits à ne pas passer sous silence. Le jour précédent l'élection correspondra à la date anniversaire du débarquement allié en Normandie (le 6 juin 1944). Ce jour-là, de jeunes soldats, dont de nombreux Américains, sont morts pour que nous puissions vivre en démocratie. Un passé brillant et pourtant, pour l'instant, l'Europe fait du sur place et ne parvient plus à enthousiasmer les peuples. Dans de nombreux pays, on prévoit un taux d'abstention record et chez nous, beaucoup sont tentés par le vote blanc ou nul. Un acte à déconseiller vu le mode de calcul à la proportionnelle : ces votes favorisent les partis qui ont recueilli le plus de voix.
Paradoxalement, ce sont précisément ces élections qui peuvent donner un nouvel élan à l'Europe. En effet, il s'agit de renouveler le Parlement, composé de ses 736 représentants des 27 États membres. Ceux-là mêmes qui, grâce à leur pouvoir législatif, peuvent engager l'Europe dans une nouvelle direction. Notons que cette assemblée est le seul parlement au monde élu au suffrage universel direct. Nous sommes à un tournant et l'enjeu est de taille. Il s'agit, à mon sens, de dépasser l'Europe économique, l'Europe des marchands et d'éviter l'Europe du plus petit commun dénominateur. Sans une Europe sociale et fiscale, les inégalités entre les pays et entre les couches sociales vont s’accentuer. Sans une Europe fiscale, on ne pourra maîtriser l'évasion fiscale, d'autant que des paradis fiscaux résident en son sein (Luxembourg, Monaco, Jersey….) Sans une Europe sociale, on ne pourra pas arrêter le dumping social qui existe vu les disparités entre les pays au sujet de la sécurité sociale et du droit du travail. Ce sont ces différences qui favorisent les délocalisations et qui font, par exemple, qu'une usine française a intérêt à s'installer en Roumanie parce que les salaires et les charges y sont plus bas. J'ai toujours rêvé d'une Europe qui engrange dans ses directives ce qu'il y a de meilleur dans chaque pays.
Le 7 juin, en Belgique, une élection en cachera une autre. En effet, pour des raisons de calendrier, les élections régionales sont organisées le même jour. Le système politique belge est un des plus compliqués au monde. Il est la résultante d'un pays composé de deux peuples (Flamands et Wallons) : tous deux pensent que la Belgique, en se régionalisant, évite de se diviser ! Les questions que pose cette élection ne cessent d'inquiéter les citoyens. En effet, les scandales à répétitions chez les uns ainsi que les jeux politiciens et les invectives chez les autres ne font que décrédibiliser le monde politique. Ici aussi s'abstenir est une mauvaise solution au moment où il faut séparer le bon grain de l'ivraie et sanctionner les partis et les dirigeants qui dérapent. Un récent sondage sur "les jeunes et la politique" met en avant deux points assez contradictoires. D'un côté, les jeunes considèrent la politique utile et importante. Mais, d'un autre côté, ils manifestent peu d'intérêt pour la "chose publique". L'explication est à chercher dans la mauvaise image que leur donne la politique partisane. Pourtant, ils pensent majoritairement que tous les politiques ne sont pas corrompus et qu'ils cherchent à améliorer la société.
La politique, au sens noble du terme, devrait être la forme moderne de la charité : procurer du travail au chômeur, promouvoir la recherche et l'enseignement, améliorer la qualité des transports en commun, aider la création artistique, encourager les nouvelles énergies, lutter contre le réchauffement climatique, etc. Votons surtout pour des partis et des personnes honnêtes dont l'ambition est "de servir avant de se servir".
Jean-Marie Delcourt
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