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Que se passe-t-il au Vatican ? D'un côté, Benoît XVI lève l'excommunication de quatre évêques intégristes sans s'enquérir de leur repentir et de leur volonté de s'amender. De l'autre, un membre de la Curie romaine approuve l'excommunication des médecins brésiliens ayant pratiqué un avortement sur une fillette de 9 ans violée par son beau-père sans considérer le drame vécu par les personnes concernées.
Indépendamment de l'opportunité de ressortir cette punition qu'est l'excommunication, on ne peut que regretter ce télescopage qui fait penser soit à de l'incompétence, soit à certains dysfonctionnements. Au moment où nos sociétés sont touchées par la crise, où des pans entiers de l'économie s'effondrent comme un château de cartes et que l'humanité risque de disparaître dans une catastrophe écologique, des membres éminents de la Curie romaine passent leur temps à condamner, punir, lancer des anathèmes, en étant complètement déconnectés de la réalité. Et surtout en appliquant la lettre de la loi sans se soucier de suivre l'esprit de l'évangile. Cela me fait penser aux théologiens byzantins discutant du sexe des anges alors que les guerriers ottomans étaient aux portes de Constantinople.
De quoi s'agit-il ?
Dans le premier cas, A. Borras, éminent canoniste et vicaire général de notre diocèse, interrogé par le journal "Le Monde", parlait de "bricolage" à propos des efforts du pape pour réintégrer les quatre évêques et les chrétiens intégristes de la "Fraternité St Pie X". Ceux-ci, à la suite de Mgr Lefebvre, avaient rejeté trois textes importants du Concile Vatican II : la réforme de la liturgie, la liberté religieuse et l'œcuménisme. Ces traditionalistes avaient eu l'astuce de présenter leur dissidence en mettant en avant le fait qu'on leur interdisait de célébrer la messe en latin. Ce n'était qu'un point secondaire dans leur refus des conclusions de Vatican II. Et de plus ce n'était pas exact, car si la liturgie se célèbre désormais dans les langues vernaculaires, on n'a jamais interdit l'usage du latin (pour preuve les cérémonies à Taizé et à Lourdes). Benoît XVI pensait, en levant l'excommunication, permettre à ces chrétiens dissidents de revenir dans le giron de l'Eglise. Mais cette "stratégie", certes bien intentionnée, s'est avérée contre-productive car elle a été mal préparée et peu soucieuse de respecter la législation ecclésiastique (le droit canon). Ce qui est évidemment un comble venant du sommet de la hiérarchie qui, comme on s'en doute, doit montrer l'exemple. C'est pour cela qu'A. Borras parle de bricolage et pense à juste titre que cela s'est fait dans l'improvisation la plus complète. La preuve en est qu'on ne s'est même pas rendu compte qu'un des quatre évêques -Mgr Williamson- était négationniste, c’est-à-dire qu'il niait la Shoah, les chambres à gaz et l'extermination des 6 millions de juifs pendant la dernière guerre.
Cet épisode était à peine résolu par la "fin de non-recevoir" des évêques intégristes, qu'une autre affaire allait soulever une tempête d'incompréhension chez les catholiques et bien au-delà : l'excommunication d'une maman et des médecins qui ont pratiqué l'avortement de sa fillette de 9 ans, enceinte de jumeaux, après avoir été violée par son beau-père. Le responsable, l'archevêque de Recife, dans le Nord Est du Brésil, Mgr Sobrinho est le successeur de Mgr H. Camara, connu dans le monde entier pour avoir été l'apôtre des "sans voix "et des déshérités. Et pour ne rien arranger, un membre de la Curie romaine lui donne raison "au nom de la vie à respecter à tout prix". Certes l'Eglise catholique a toujours défendu ce principe que la vie commence dès la conception et qu'elle doit être protégée. Mais en l'occurrence, ne pouvait-on pas faire passer la compassion envers les personnes avant les principes ? Ne pouvait-on pas non plus sauver la vie de cette jeune maman qui l'aurait, sans doute, perdue dans l'accouchement ? Faut-il punir les femmes pour les crimes des hommes ? Heureusement, des voix se sont élevées pour dénoncer ce manque d'humanité et de charité chrétienne, même parmi les prêtres et les responsables d'Eglise. Un évêque français, Mgr Daucourt, dans une "lettre ouverte" adressée à son collègue brésilien écrivait : "Vous avez ajouté de la douleur à la douleur et vous avez provoqué de la souffrance et du scandale chez beaucoup de personnes à travers le monde".
Tout ceci ne peut qu'aggraver le fossé entre la hiérarchie et le peuple des croyants qui ne peuvent que constater le paradoxe d'une levée d'excommunications vis à vis d'intégristes et le recours à "cette arme médiévale" dans le drame du Brésil. Souvent les jeunes nous disent "Oui au Christ, non à l'Eglise". On voudrait corriger leur manichéisme mais dans le cas présent, il aurait été préférable de s'inspirer de l'évangile plutôt que du droit canon.
Jean-Marie Delcourt
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